05/05/2008

Processus

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22/04/2008

Cette trogne mafflue...

à Nicolas.

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« Cette tronche. Cette sale gueule. Cette trogne mafflue au regard somnolent de chien de bistrot. Ce mufle aux joues molles sur le point de dégouliner en fanons bloubloutants pour notaires balzaciens. Ce pif oblong comme un paf mou. Et cette bouche ! Cette bouche trop mince de moine égrillard sur ce menton bleuâtre et grossièrement fendu. Ça, des fossettes ? Dirait-on pas plutôt le cul râpeux d'une truie naine émergeant d'une fissure tellurique encore mouillée du sang des morts ?»

Ainsi se voyait Pierre Desproges, dans l'un de ses tout derniers textes. Il préparait un nouveau spectacle. La mort ne lui laissera pas le temps de le peaufiner. Aurait-il gardé tel quel cet autoportrait au vitriol ? L'aurait-il transmuté en sketch, en éclats de rire ? Qui peut savoir ?

Ce qui m'intrigue, c'est cette formule de «trogne mafflue». Dans Vivons heureux en attendant la mort, il l'avait déjà employée pour décrire l'hippopotame : « tandis qu'un gros nuage porteur de pluies improbables venait ternir un instant l'éclat métallique de ce soleil d'enfer, l'un des deux mastodontes émergea soudain des eaux sombres son incroyable trogne mafflue de cheval bouffi».
Une même expression pour un effet absolument contraire, car c'est toute la noblesse de l'hippopotame qui apparaît là. Pour preuve, la suite : «Ses immenses naseaux sans fond se mirent à frémir et à recracher des trombes d’eau dans un éternuement obscène et fracassant. Puis il se mit à bâiller. C’était un bâillement cérémonial, lent et majestueux, qui lui déchira la gueule en deux, aux limites de l’éclatement, en même temps qu’étincelait l’ivoire blanc de sa bouche béante et que montait aux nues son beuglement sauvage.»
La chute de ce texte lyrique, ne comptez pas sur moi pour la dévoiler ici. Rien n'est plus sinistre que l'humour décortiqué. Je me contente de célébrer le grand écrivain.

Desproges est trop célèbre, hélas, pour n'être pas aimé par trop de mal-comprenants. Son palais délicat avait eu le temps de sentir passer ce goût informe qu'on appelle la rançon du succès. Ceux qui croient aujourd'hui pouvoir le circonscrire dans le politiquement correct insultent sa mémoire. Qui le prend pour un humaniste, par exemple, se goure absolument. Si par exception, dans ses Chroniques de la haine ordinaire, il se laisse aller à déclarer son amour pour le genre humain, c'est pour se lancer aussitôt dans une série de restrictions qui soulignent son individualisme radical, son dégoût ou son indifférence pour la foule en général. La démocratie, pour lui, est à peu près synonyme de la télé - la télé de son temps, hertzienne et généraliste : c'est la victoire de Jean-Pierre Foucault sur Michel Foucault, du top 50 sur tout artiste un peu subtil. C'est la bêtise pour tout le monde à l'heure du dîner, et, au mieux, l'intelligence comme menu ésotérique pour quelques couche-tard épars.

Mais revenons à nos hippopotames irréfutables, à notre trogne mafflue. Parmi ses nombreuses obsessions - les grands vins, le vélo, les paroles de Brassens, toutes les sortes de handicaps, Schwartzenberg, l'adjectif melba, etc. - Desproges était hanté par la comparaison entre l'être humain et l'animal.
«Et mon cul, c'est du poulet ?» Cette réplique d'un poissonnier, qu'il interrogeait sur ses techniques de marketing lors d'un reportage pour le Petit Rapporteur en 1976, réapparaît sans cesse dans son œuvre, sous de multiples variantes et contextes. Mais ce n'est pas tout. Le cochon ? «Il offre de nombreux points de comparaison avec un autre mammifère immonde et sans poils passé expert dans l’art de semer la merde et de se vautrer dedans». L'autruche ? Elle est plus intelligente que les footballeurs, qui ne sont même pas capables de se reproduire après leurs rituels d'embrassade collective. Le chien ? Il ne déroge jamais à la politesse, contrairement à l'homme, cet ingrat velléitaire : «Il n’y a pas de reproche dans le regard mouillé du chien battu. C’est ce qui le différencie de l’œil blasé des pauvres, souvent ombré d’inextinguible rapacité.» On pourrait multiplier les exemples. Tous iraient dans le même sens : pour Desproges, l'humain ne vaut pas mieux que les autres espèces. L'animal, c'est encore ce qu'il y a de meilleur en nous. Et c'est justement quand il oublie son animalité que l'homme invente ce qu'il y a de pire : des tortures raffinées, des armes sophistiquées, des perversions sordides. Par là même, Desproges rejoint tous ces grands auteurs sceptiques et anti-modernes qu'il affectionnait : Brassens, Vialatte, Bloy, Marcel Aymé... Une vision somme toute archaïque, voire naïve du monde, celle d'un type qui, ayant senti un rouge-gorge se poser calmement sur lui pendant la sieste (ce moment où justement rien ne distingue l'homme de l'hippopotame), voyait là «une preuve que l’amour est parfois frissonnant entre poils et plumes et que tout n’est pas mort.»


(illustration de Daniel Goossens © éditions Points, 2008)

15/04/2008

Le petit monde merveilleux de la Poste

Vous devez passer au bureau de poste de votre quartier récupérer un recommandé. Un seul guichet est ouvert, une quinzaine de personnes vous précèdent dans la file d'attente. Trois quarts d'heure à rester planté là, et vous avez oublié d'emporter de la lecture. Que faire pour échapper au sempiternel bla-bla des autres usagers excédés contre les fonctionnaires payés à rien foutre, le service public qui va à vau-l'eau, tout ça avec nos impôts, etc. etc. ? Oui, que faire ? Eh bien, pourquoi ne pas en profiter pour lire et étudier les brochures gratuites mises à votre disposition ? C'est parfaitement édifiant : de l'idéologie à l'état pur, positive et diversifiée.


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Cette symphonie dans les tons gris-bleu est là pour vous rappeler que la Poste est aussi une banque. "Clients PARTICULIERS", c'est vous, ça pourrait être vous, ce couple de trentenaires à la mise sobre, à la fois propres et négligés, tout épanouis dans leur quotidien de classe moyenne. De vrais bobos modernes ? Bien au contraire : c'est l'homme, assis, qui dispose des moyens de paiements (la carte bancaire), et c'est la femme, tendrement accrochée aux épaules de son homme, qui lui dispense sa tendresse en échange de la sécurité matérielle - autrement dit, la répartition des rôles familiaux la plus traditionnelle qui soit. L'uniformité générale, fond grisâtre, décor vide, absence totale de frivolité, rappelle irrésistiblement l'esthétique du réalisme socialiste, le rouge révolutionnaire en moins. Le double sourire penché vers l'écran (probablement leur compte commun consultable en ligne) pourrait se traduire ainsi : "s'aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, mais regarder ensemble le même compte en banque."


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Changement de style, et de public visé... Le logo NRJ répété ne saurait tromper : la cible est nette, ce sont les djeunz, accros du portable, manieurs compulsifs de SMS/MMS toujours à l'affût de sonneries nouvelles. Couleurs contrastées (rouge, noir et or), petites fioritures kitsch autour de la typo, on est bien dans une pub bling-bling, toute en prétention de luxe, trop la classe man ! Que penser de ce slogan : "L'abus de recharges est fortement recommandé" ? Un clin d'oeil évident aux recommandations légales des publicités pour l'alcool. Comme d'habitude quand les annonceurs s'adressent aux jeunes, le mépris se masque derrière la pseudo-connivence. On ne les invite cyniquement qu'à se ruiner pour des gadgets dérisoires, qu'à consommer toujours plus de rien du tout, qu'à abuser et se laisser abuser par des miroirs aux alouettes.

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Cette brochure là, qui fait la promotion de "services à la personne", pourrait aisément se passer de commentaires... Enfonçons le clou tout de même. Voyez ces objets anthropomorphisés dont le sourire est censé faire sourire, à qui l'on a même donné un nom, que dis-je, un petit surnom gnan-gnan : "Dédé le fer à repasser", "Mimi la souris", "Fafa l'agenda" et "Babeth la calculette" ! Mais enfin, à qui s'adresse-t-on cette fois, quel est l'âge de la cible ? Bon sang mais c'est bien sûr : à des gens ayant besoin de "prestataires de confiance", à des parents, des contribuables, possesseurs éventuels d'une résidence secondaire, autrement dit à des grandes personnes (on n'ose dire "des adultes") ! Oui, mais des grandes personnes qui ont perdu le sourire, qui "n'ose(nt) plus regarder (leur) agenda en face", qui "ont besoin d'aide pour (les) épauler au quotidien"... On se retrouve là dans les pires cauchemars de Renaud Camus et de Philippe Muray : l'infantilisation généralisée, la crétinisation totale des gens, que l'on maintient, avec les recettes éprouvées de Walt Disney, dans la plus douillette régression sociale et psychologique.

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Enfin, pour terminer, cette dernière brochure... La cible est cette fois évidente, et même redondante : trois drapeaux pas du tout choisis au hasard, une planète multiculturelle (enfin, pas tant que ça, finalement...), et un message écrit directement en arabe (traduit en bas, en tout petit : "vers le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, de 25% à 40% de réduction sur le prix du Mandat Express International"). On se contentera de rappeler que la Poste, avant d'être une banque, fait partie du service public, et que, jusqu'à nouvel ordre, la langue de la République est le français. Et l'on se gardera bien de conclure par ce que nous inspire la vision du petit monde merveilleux que ces diverses brochures font apparaître... Ah mais ça y est, les trois quarts d'heure sont passés, on vous appelle au guichet. Ah, désolé monsieur, votre recommandé n'est pas encore arrivé. Vous pouvez revenir en fin d'après-midi ?

09/04/2008

Où va la critique de cinéma ?

La scène se passe à la Femis, salle Jacques Demy, lundi 7 avril entre 20 et 22 heures. Une table ronde a été organisée par trois étudiants.
Thème du débat : où va la critique de cinéma ?

Cyril Neyrat n'est pas venu pour cause d'assemblée générale : on apprend en effet que le Monde vient de décider de revendre les Cahiers du cinéma. On est donc en pleine actualité.

Les intervenants présents sont :

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Antoine De Baecque, critique et historien du cinéma ;
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Nicolas Klotz, réalisateur ;
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Hervé Joubert-Laurencin, universitaire ;
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et Sandrine Marques, blogueuse. Contrechamp, c'est elle.

Voici donc un petit digest subjectif de cette soirée, d'après les notes éparses que j'ai prises entre deux croquis, à moins que ce ne soit l'inverse...

De Baecque :
- On peut vraiment parler d'un état critique, c'est-à-dire d'un état de crise...

Marques :
- Moi je me définis avant tout comme cinéphile. Je ne suis pas venue ce soir pour dire que les blogs sont un nouvel espace d'expression critique. Je travaille aussi pour le magazine de MK2, et je suis très contente de cette schizophrénie !

Klotz :
- C'est aussi difficile de faire un film qu'une critique de film. Il faut prendre des risques, lutter contre le formatage. Nous, qui faisons des films d'auteur, on travaille avec la critique...

De Baecque :
- Lorsque en 1954 François Truffaut et Jacques Rivette vont voir Jacques Becker munis d'un magnétophone, ils inventent l'entretien avec un cinéaste...
Aujourd'hui, le temps de la critique est de plus en plus resserré : il commence le mercredi et s'arrête le samedi soir. C'est un temps presque aussi bref que la durée d'exploitation d'un film en salles. La crise est surtout une crise de surproduction. Le problème, c'est que c'est la même chose qui s'écrit partout.

Joubert-Laurencin :
- Moi je trouve que plus il y en a, mieux c'est. Mais il faut définir ce qu'est la critique. La critique au fond ressemble au cinéma. D'après le grand historien de l'art Adolfo Venturi, la critique doit définir un objet.
Je vais dire un mot obscène : c'est le mot universitaire. Moi je suis un universitaire et je l'assume très bien...

Marques :
- Les Cahiers sont toujours à la recherche du concept, mais ils ne sont pas à jour, ils confondent la DV et la HD...

Klotz :
- Les films du milieu, moi ça me fait penser à François Bayrou.

Joubert-Laurencin :
- Ce que le milieu rate, ce sont les extrêmes...

Marques :
- Je pense à Baudelaire, dans sa critique de Wagner, parlant du transitoire et du fugitif. Voilà, je crois que c'est ça qu'il faut chercher : le transitoire et le fugitif.

De Baecque :
- La beauté, un beau film, on voit ça écrit partout. La beauté a été récupérée par la réclame. Un critique dit : c'est un beau film, et après on retrouve la citation sur l'affiche. C'était devenu un jeu entre nous, ne jamais employer ces mots-là pour éviter la récup'. Sinon après, vos collègues se moquent de vous, vous êtes considéré comme un vendu.

Joubert-Laurencin :
- Nous ne sommes plus platoniciens. Le beau, le vrai, tout ça c'est fini. Mais il y a encore une violence rhétorique, qui consiste à dire c'est du cinéma ou ce n'est pas du cinéma... Il faut aussi noter l'importance nouvelle du documentaire. Bien sûr, on retrouve le fond bazinien, la question de l'enregistrement du réel.

Klotz :
- La fiction, c'est aussi du documentaire...

Marques :
- Il faut noter un événement capital : c'est la disparition physique du corps des acteurs.

De Baecque :
- Oui, la disparition des corps dans le numérique. Comme disait Daney, c'est le dessin qui a gagné, la distinction entre cinéma filmé et dessin animé est devenue floue.

Klotz :
- Daney pensait qu'à partir des années 50, le cinéma décroît, il entre dans son ère crépusculaire. Le cinéma est-il sorti de l'Histoire ?

Joubert-Laurencin :
- Daney écrivait mal, d'un point de vue stylistique. Une idée par ligne, c'est beaucoup trop. Après, on peut trouver ça beau...

De Baecque :
- Daney, il bégaie.

Marques :
- Pour Daney, il y avait trois choses importantes : regarder, écrire, et aussi parler. Il y a de l'oralité dans son style.

Joubert-Laurencin :
- Daney doit beaucoup à Barthes... Il faut rappeler que pour lui, la critique était là pour prolonger l'émotion du spectateur et faire entrer la cinéphilie dans l'écriture - la cinéphilie, c'est-à-dire le fait de discuter du film en sortant de la salle.

Une jeune fille du public :
- Moi quand j'entends ça, j'ai envie de dire : Vous reprendrez bien une tranche de vie ?

Klotz :
- Il y a aussi la question des archives, le cinéma c'est aussi ça. Moi je pense à Deleuze, son intervention ici même, sur le rapport entre oeuvre d'art et résistance. A quoi ça sert le cinéma, si c'est une bulle autiste ? Pendant longtemps le cinéma était cette fenêtre ouverte sur le monde, c'est fini tout ça, les bulldozers sont passés, les fenêtres sont cassées... Moi je crois que la salle est un outil, comme la caméra. Pour moi, le film doit faire intrusion, effraction.


Le débat s'achève de façon un peu confuse avec l'intervention de Maria Koleva, réalisatrice bulgare assise au premier rang, qui a tout filmé avec une mini-caméra. Elle parle de Bienvenue chez les Ch'tis :
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- C'est une vieille tladitioun de mountler les pôvles au cinéma. Je l'ai dit il y a tllès lungtemps déjà qu'il fallait filmer ces melveilleux gens du Nolld ! Et donc Claude Belli, il me doit encole dix milliouns d'eulos !
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Quant à moi j'ai une pensée pour ce spectateur resté debout tout le temps. Je l'ai déjà croisé plus d'une fois à la Cinémathèque. Qu'est-ce que c'est que cette espèce de vieux loup de mer qui ressemble un peu au Popa de Popeye, invariablement seul et silencieux ? Quelle âme se cache sous ce béret, derrière ces yeux vitreux ? Comment vit-il ? Et lui, où va-t-il ?

16/03/2008

Balade mexicaine, 5

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Terre castillane et morisque, rayée d'aztèque, le Mexique est foisonnamment baroque - ce mot portugais qui désigne une perle imparfaite.

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C'est comme si les ors chrétiens des cathédrales churrigueresques avaient voulu rattraper l'énergie furieuse des volcans,


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Popocatépetl la montagne qui fume,

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Citlaltépletl la montagne étoile,

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Iztaccihuátl la femme endormie,

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Xinantécatl la sainte chauve-souris

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et Paricutin, le plus jeune volcan du monde, jailli en 1943 d’un champ de maïs du Michoacan.

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« Nos jambes tremblaient alors comme celles d'un homme ivre, une légère oppression s'était emparée de nous, mais elle disparut après quelques instants de repos ; nous avions la neige pour nous désaltérer, et nous en mélangeâmes dans une coupe avec une égale quantité de mezcal. Il fallut néanmoins nous asseoir, la pente était à pic et l'océanesque panorama qui se développait aux quatre points cardinaux nous avait jetés dans une terrifiante admiration. Comment oser décrire ce que j'ai vu ?
Je veux le tenter cependant, et j'en parlerai autant que l'infiniment petit peut parler des choses infinies, car n'est-ce pas l'infini que cet horizon de 80 lieues, triplant l'étendue de l'horizon marin avec la même grandeur de lignes, mais plus riche, de ses déserts, de ses champs cultivés, de ses forêts, de ses mille plans étagés, où le prisme éclatant de la lumière verse en prodigue ses plus étincelantes couleurs.
Arrivé au point culminant de la lèvre supérieure du cratère, le voyageur se trouve entre deux abîmes, et le vertige qui tout d'abord s'empare de lui semble plutôt un éblouissement des splendeurs que son regard embrasse que l'effet des gouffres béants qu'il ose braver.
Il a derrière lui le cratère immense, ses jets de vapeur sulfureux et ses grondements souterrains ; à ses pieds, un chaos de roches mutilées, scories gigantesques se soulevant de leur couche de neige et de cendre, rappellent, dans le convulsif et le tourmenté de leurs attitudes, les damnés de Dante cherchant à s'arracher de leur cercle de glace ; à droite le pic du Moine lève sa tête altière et tout au bas l'oeil se perd dans les précipices vertigineux de la barranca de Mispayantla... »

(Désiré Charnay : Voyage au Mexique,1858-1861)

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(Orozco : Hombre de Fuego)

10/03/2008

Fanfare municipale

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Aujourd'hui, après avoir tant accompli avec vous, grâce à vous, nous voulons donner un temps d'avance à Paris
Renforcer la démocratie locale en utilisant les nouvelles technologies de l'information
Mettre en place un atelier citoyen d'évaluation permettant aux habitants de juger notre action

Frédérique, 45 ans - Adjointe au Maire de Paris - Médiatrice de la Ville
(PS PCF Parti Radical de Gauche MRC)
38.32%



Vous êtes libre de votre choix et c'est en homme libre que je m'adresse à vous
Davantage de moyens aux clubs formateurs du 20e, notamment au Paris Football Club (stade de 20 000 places)

Michel, Maire du 20e
(Le 20e avant tout, liste de gauche et de rassemblement)
16.03%



Cette mutation difficile est indispensable
éradication de l'insalubrité
Créer un "Revenu Parisien Universel"
Faire des éco-quartiers plutôt que des tours
la planète a besoin de vous. Paris a besoin des Verts

Denis, 45 ans, adjoint au maire de Paris
(Les Verts)
9.47%



Liste citoyenne d'Union et d'ouverture du Centre, de la Droite et des Acteurs du Monde Associatif
Nous créerons une cellule de veille sociale dans les ensembles immobiliers pour lutter contre l'insécurité

Raoul, 54 ans, Avocat à la Cour conseiller du XXe
(Majorité Présidentielle Génération Ecologie CNI Debout la République)
9.29%



Une ville plus humaine
Rénover pour la rentrée 2008 l'ensemble des toilettes des écoles de Paris
A leur tête, Marielle de Sarnez est une femme remarquable, courageuse, sensible, moderne, audacieuse, solide. Elle tient bon, elle assure et elle rassure

Didier, 64 ans, Acien ministre, vice président honoraire de l'Assemblée nationale, Maire du 20e de 1983 à 1995, Actuellement Président du groupe Mouvement Démocrate au Conseil de Paris et Conseiller Régional d'Ile de France
(MOuvement DEMocrate)
7.31%



Lise d'union pour un Paris gagnant
La chance du 20ème
pour que soit crée une zone franche urbaine dans l'Est parisien
C'est l'avenir que nous vous invitons à construire ensemble, pas le passé dans lequel nous refusons de nous installer!

Jean-Claude, Avocat
(UMP Parti radical Gauche Moderne Les Progressistes)
7.24%



Votons le plus à gauche possible !
Les sans-papiers, ce sont nos collègues de travail, les amis de nos enfants, nos voisins, pas des dangers pour l'humanité !
Les conseils de quartier ne disposent ni de pouvoirs ni de moyens. Nous considérons qu'ils devraient permettre à la population de décider du fonctionnement de l'arrondissement et de contrôler le mandat des élus

Penelope, 55 ans, Enseignante, militante de quartier
(LCR)
4.92%



Non aux mosquées, non aux insécurités, non aux injustices sociales !
Nous mettrons fin à l'"autophobie" qui fait des automobilistes des boucs émissaires en remettant en cause les couloirs de bus, en nous opposant à tout péage urbain et en lançant la construction de 30 000 places de parkings
et en renforçant la lutte contre les tags

Tanguy, Téléacteur
(Pôle des Tricolores)
3.61%




Militant-es de la gauche antilibérale, communistes, écologistes, alternatif-ves...
Création d'un véritable service de médiation et de prévention (correspondant-es de nuit, éducateurs de rue, agents de médiation, bailleurs)
Favoriser les liaisons banlieue banlieue pour limiter les nuisances

Fernanda, 49 ans, de nationalité italienne, conseillère d'arrondissement, communiste unitaire, membre du PCF
(Gauche alternative 9/10, les alternatifs Solidarité Ecologie Féminisme Autogestion Collectif unitaire pour une Alternative au libéralisme 20ème)
2.18%




Ce ne sont certainement pas les élections municipales qui arrêteront cette machine folle. Mais elles permettront au moins de montrer que les mensonges, le cynisme, les fausses promesses, les faveurs permanentes pour les plus riches et les attaques incessantes contre le monde du travail ne passent plus !

Laurence, Employée d'assurances
(Lutte ouvrière)
0.86%




Unité et démocratie pour le maintien et la reconquête de tous les droits de la population du XXe
Les chauffeurs de taxis, en faisant échouer les tentatives de déréglementer leur profession nous ont montré qu'avec l'unité, il était possible de mettre en échec les plans meurtriers prônés par la commission européenne et repris servilement par la commission Attali
La commune est le premier échelon de la démocratie et ses élus ont la responsabilité de protéger la population des conséquences de ses directives

Benny, Travailleur social
(comité pour un parti ouvrier indépendant)
0.52%




Liste d'Entente et de Convivialité
menée par Jean-Marie B.
Et son Equipe
Notre Devise : Le respect dans la dignité et la liberté
Aux Promesses privilégiez la Détermination

Jean-Marie, Chef d'Entreprise
(pour raisons écologiques; mais aussi économiques, la liste parviendra à la Mairie, en son temps)
0.24%



04/03/2008

Taï-Chi-Chuan

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21/02/2008

Horses

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(d’après :
2 : Hogarth
3 : fresque d’Abba Antonios, Ethiopie
4 : musée de la chasse
5-6 : sculpture non-identifiée, Ménilmontant
7 : Myologie et splanchologie de l’homme et du cheval, dit
Le Cavalier par Honoré Fragonard, Maisons-Alfort)

19/02/2008

mon espace trombinoscope

My Hope par Sweetafton 23.

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'd rather be Graham Chapman than Mark David who killed Lennon.

burning down the house.

c'est pas parce qu'on se gèle les couilles qu'il faut en plus être vulgaire.

plutôt Astérix qu'hystérique.

Chocolate Power is so crisps.

invité à donner de l'argent pour que wikipedia reste gratuit.

peu minéralisé et peut être consommé par tous à chaque instant de la journée.

de passage (on est tous de passage).

chalala again.

aphone, comme ça il dit moins de conneries.

naturellement craquant car il contient des ferments actifs sélectionnés avec soin pour votre bien-être.

wondering, honestly, being Asia Argento's 1201st friend, and so what ?

still standing, yeah, yeah, yeah.

désinvolte, comme disait un sympathique punk-rocker psychopathe.

agréablement parfumé au citron. Contient du Bitrex(R). La forte amertume du Bitrex(R) fait passer l'envie d'avaler le produit.

c'est qui qu'a piqué les shoes à ta mère ?

ushiro waza-ryokatadori.

formel : sur les relations homme/femme, Sacha Guitry avait tout compris.

bien plus qu'une simple crème de jour : il raffermit le corps et éveille l'esprit.

llora corazon, gallito caliente.

a boy who can enjoy invisibility.

suggesting the best rock album ever made may be 'Electric Ladyland'.

sure there's a light over at the Frankenstein place.

that sly old sun, come back sweet music.

vanité et foutaise sont les mamelles de Facebook.

dans l'histoire du Titanic, l'iceberg était en légitime défense.

astucieux et tellement pratique avec sa housse amovible lavable 64% polyester, 36% coton.

simple comme bonjour, tordu comme un arbre, clair comme l'eau de roche.

quiet, don't explain what is there to gain, skip that lipstick don't explain, cry to hear folks chatter, right or wrong don't matter.

14/02/2008

My Bloody Valentine

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Je n'ai pas vu le temps passer
Les soleils se coucher
Etre en vie n'est jamais trop, ni assez...



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Mais parlez-moi d'amour...


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...et je vous fous mon poing sur la gueule


( Biolay-Zeidel, Les ronds dans l'eau
Sergio Macedo, Caraïbe
Franquin, Radar le robot
Brassens, Sauf le respect que je vous dois )