14/04/2005
L’ultime conviction du désir

Feuilletant négligemment un magazine inavouable (un indice : le nom du magazine ressemble justement un peu au mot «inavouable», mais au pluriel et avec «rock» en son milieu), je tombe sur une publicité pour un livre intitulé L’ultime conviction du désir. Testament spirituel ? Essai lacanien ? Que nenni : il s’agit du nouveau livre de Richard Bohringer.
Voilà un homme, un vrai, un dur, un tatoué, un qui a vraiment souffert (ne s’est-il pas drogué pendant plusieurs années ?) et qui parle le langage sobre et solennel en même temps de la vraie fraternité humaine. Sa voix cassée, revenue de l’enfer, son visage buriné par le souffle de l’aventure nous indiquent que cet homme-là est allé plus loin que le commun des mortels. Richard (je crois qu’on peut l’appeler par son prénom : c’est le genre de type qui tape généreusement sur l'épaule de tous les gens qui sont autant que lui des vrais mecs géniaux, tu vois ?), Richard c’est plus qu’un acteur : un clochard céleste, un voyant. D’ailleurs il suffit de voir son regard toujours à l’affût, comme s’il attendait une attaque aérienne.
Et donc pour me convaincre d’acheter le livre, la publicité m’en cite un extrait. Richard s’adresse directement à toi, lecteur. Et voici :
« La vie sera toujours comme un grand amour inachevé.
Une douleur intense de la perdre comme l’odeur de la femme aimée.
Mais toi, aime-la cette vie. Casse-lui la gueule. Bouleverse-toi d’elle.
Elle te donnera des ailes. Et tu voleras comme le cormoran argenté. »
Et bien moi après ça, mon ultime conviction, c’est que je ne désire pas en lire davantage.



Commentaires
Cormoran argenté, tu ne trouves pas ça poétique? Et le passage de elle à ailes? Coeur de pierre!
Ecrit par : Tlön | 15/04/2005
Coeur de sable...
Ecrit par : Damien | 15/04/2005
Déjà avec un titre aussi outré, on ne pouvait pas s'attendre à de la grande littérature. Quel plumitif ! Illustration de la crise que traverse l'édition ?
Damien, je t'en supplie, donne-nous matière à nous réjouir un peu, en lieu de cet avatar des années 80 à la gueule burinée !
Ecrit par : sandrine | 15/04/2005
Est-ce donc ça, la voie Romane ?
Ecrit par : sk†ns | 15/04/2005
Sandrine : désolé, que veux-tu je tâtonne...(mais j'avoue que ça m'intéresse l'humour pas drôle)
skt : toutes les voies mènent à Romane !
Ecrit par : Damien | 16/04/2005
Romane niche ailes...
Ecrit par : Almanach Vermot | 16/04/2005
Romane est conti, mais son père n'ira jamais au quai du même nom (quoique, VGE...)
Ecrit par : Philippe[s], amateur de Bourgogne | 16/04/2005
D'ailleurs, la « vox romana » est davantage chaotique que la « via » du même nom…
Ecrit par : sk†ns | 16/04/2005
en effet, c'est franchement mauvais. Je salue au passage votre note citant Bernanos dont "Mauvais rêve" m'avait frappé de stupeur et dont le souffle m'emporte, me pose et m'appaise. J'aurais bien des choses à dire sur l'enfance du coeur, le petit enfant qu'on était et demeure et perd de vue et redeviens, mais j'ai trop peur des discours. Dommage pour le conteur du bout du monde, je ne pourrais aller le voir, mais je vais essayer la formule, je n'en suis pas à une près, quoique la magie me déplaise, mais la quête d'unité est en cours, sans elle, on ne colle pas à sa vie. Dur dur. Portez-vous bien
Ecrit par : Ardente Patience | 18/04/2005
Arf ! Le cormoran argenté, quelle bourde ! Richard B. confond le goéland argenté et le cormoran tout court (ou huppé, à la rigueur). Il m'est d'avis que le bouquin ne sera pas facile à caser chez les écolos non plus.
Ecrit par : Richard G | 22/04/2005
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