11/09/2005

With the back of the wind

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Les Négriers de Jacopetti & Prosperi à l'Etrange Festival -

Petit rappel pour commencer - ce n’est pas Berlusconi qui a eu la peau du cinéma italien – ni la télévision, comme l'a cru Fellini - c’est l’US dollar - Le grand cinéma italien qui avait fleuri sur les ruines de la guerre – «l’étonnante moisson» dont parlait Godard - reposait sur une économie parfaitement rentable - les films s’exportaient bien - un peu trop bien - Hollywood regarda Cinecitta d’un méchant œil - les Américains injectèrent des capitaux considérables dans la production italienne – ce furent les derniers feux - Il était une fois dans l’Ouest - Mort à Venise – Le dernier tango à Paris – stars de première classe - films somptuaires – les coûts de production grimpèrent en flèche – Brusquement Paramount, Warner Bros et les autres retirèrent le tapis de dollars – Et le cinéma italien se cassa la gueule – 
Addio, Zio Tom arrive sur le tapis juste avant qu'on ne le retire – 1971 – pour démontrer comment, avec les moyens de Cecil B.Demille – foules de figurants – décors et costumes de l’Amérique sudiste – débauche de couleurs – on peut faire un autre film - L’anti-Autant en emporte le vent
Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi déjà avaient lancé le genre shockumentary - Mondo Cane 1962– Africa addio 1966 – travellings – gros plans tout crus– obscénité du réel – ethnologie trafiquée - effets sensationalistes - montage abrupt – juxtaposition violence/douceur qui rend la douceur plus brutale que la violence – bande-son en contrepoint, en contrepied – flonflons de Riz Ortolani - voix off sarcastique –
Les Négriers (Adieu, oncle Tom dans les autres langues) reprend tout ça pour en faire une épopée grotesque - L'esclavage comme si vous y étiez - vous y êtes - dans les cales aux enchaînés - esclaves nus entassés – avec les rats et les insectes – l'esclave qui refuse la pitance, on lui casse les dents pour le gaver de force – désinfection du cheptel – dressage – docteur crapuleux présentant ses nègres de laboratoire – mutilation - domestication – castration punitive – promenade dans un domaine sudiste – Prêche en faveur de l’esclavage, justifié par la Bible ( mythe des noirs descendant de Cham, le fils maudit de Noé ) - Premières églises noires, seul lieu où ils pouvaient revivre leurs anciens rites - danses et transes - Identification au peuple de la Bible - à L'Exode surtout - Let my People go - Serviteurs et gens de maison – Mamma régnante – mère maquerelle - droit de cuissage – vieille bourgeoisie sudiste muséifiée, rejouant son ancien mode de vie dans ses meubles et costumes devant les touristes – allusion aux Black Panthers - candidats politiques noirs traités en clowns – gay pride en place du carnaval noir – hippies blancs se badigeonnant le corps de peinture pour expier leurs fautes - Visite du grand lupanar de New Orleans, avec le tour des spécialités – Et pour finir, on fait le tour d’une ferme d’élevage – sélection des races - saillie – accouchement (un dollar pour chaque enfant né) – Le viol, condition permanente du commerce de bois d’ébène - 
A aucun moment le film ne bascule dans la compassion – Le brûlot est truffé de diversions - L’horreur est dépouillée par la farce, le réalisme par l’outrance, le voyeurisme par l’ironie – La superproduction au service de la subversion – Chef d'oeuvre immédiatement occulté – Jacopetti et Prosperi retournèrent à leur série des Mondo et s’enfouirent dans le cinéma bis - La même année, ce sont deux films italiens «politiques» nettement plus présentables qui raflèrent le grand prix à Cannes : L’Affaire Mattei et La Classe ouvrière va au paradis - d’après l’indispensable database imdb c’est la même société, EIA, qui avait produit ce dernier et  Addio, Zio Tom – et qui en 1974 produira Le Fantôme de la Liberté.

Commentaires

un film qui m'habite encore...

Ecrit par : .Moland.Fengkov. | 12/09/2005

Coming soon, on sait ce que ça veut dire !!!!!!

Ecrit par : Philippe[s] | 12/09/2005

Quoi, quoi, quoi ?

Ecrit par : Damien | 12/09/2005

calmé, le [s] !
L'un des meilleurs films vus cette année à l'Etrange festival, petite cuvée...

Ecrit par : .Moland.Fengkov. | 13/09/2005

Très bonne suggestion ce film !

Ecrit par : Lambert Saint-Paul | 14/09/2005

... et fort belle note. A la fois incitative, critique et très bien écrite. A signaler la possibilité de se procurer le film en DVD, inclus dans un coffret. Mais Damien pourra nous en dire plus à ce sujet...

Ecrit par : sandrine | 14/09/2005

Alors vous pouvez commander :
"The Mondo Cane Collection" - Mondo Cane (1962); Women of the World (1963); Mondo Cane 2 (1964); Africa Addio/Goodbye, Africa/i> (English version 1966); Africa Addio/Goodbye, Africa (Directors' Cut); Addio, Zio Tom/Goodbye, Uncle Tom (English version 1971); Addio, Zio Tom/Goodbye, Uncle Tom (Directors' Cut); The Godfathers of Mondo (2003)
Directors: Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi, Paolo Cavaro, David Gregory
(Cineriz, 1962-1971) Rated: Unrated
DVD release date: 28 October 2003 (Blue Underground)

Ecrit par : vrp.com | 14/09/2005

Quelles autres nouvelles nous apporte le vent ?
(dernier billet en date du 11/09 !)

Ecrit par : sandrine | 27/09/2005

Y'en a marre de cette négresse perpétuellement enchaînée.

Ecrit par : sk†ns | 27/09/2005

C'est vrai, deux semaines, déjà... Toutes mes excuses... Bientôt un petit machin, promis !

Ecrit par : Damien, pas fier | 27/09/2005

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