17/12/2005

Politicanalyse, 3 : fan wannabee

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L’adolescence, écrivait John Irving, n’est-ce pas ce moment terrible où l’on découvre qu’on a quelque chose à cacher à ceux qu’on aime ? Ce que j’ai découvert d’abord, c’est moi-même. L’enfance lâchée en arrière, j’avance à tâtons, j’ouvre des portes, sans trop savoir, autant de premières fois. Erreurs nécessaires, expériences douces et amères. Mes yeux s’acclimatent, le décor qui se révèle me déplait. Il n’y a pas d’autre choix alors que la révolte : il faut changer le monde.
La jeunesse, c’est la reine devant son miroir : se sachant monstre, elle exige d’être déclarée la plus belle.
Parcours fléché de signes générationnels. On nous a livré aux sirènes bienveillantes du marketing de la rébellion. On nous a fricoté des idoles jetables et des logos gadgets. On nous a fiancé à des causes et fait rire avec des marionnettes. On nous a vendu de quoi nous détruire.
Quelques belles figures m’attendaient. Je les affichai aux murs de ma chambre. L’intensité de leur regard ne trompait pas : ils avaient vu quelque chose. L’un proposait des vacances en enfer, l’expérience des poisons, le dérèglement raisonné de tous les sens. Un autre, qui n’était pas si beau, vouait un culte à la beauté : l’art et le plaisir seuls comptent, et les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais. Une star sexy des sixties haranguait la foule et narguait les flics : nous voulons le monde, et nous le voulons maintenant ! Un employé aux assurances noircissait ses nuits blanches de contes prémonitoires : la puberté comme devenir-vermine, la colonie concentrationnaire, l’artiste de la faim champion du jeûne, l’inaccessible Château, le vigile à la porte de la Loi, le procès perpétuel, le spectacle mondial de l’Amérique. Un peintre au nom louche traçait la douleur à vif de nus décharnés dans des étreintes morbides. Le plus dangereux de tous avait déplié sa folie, et y tendu un guets-apens. Leurs paroles se complétaient. Bondir hors du rang des meurtriers, brûler des questions. En attendant le soleil. La métamorphose. Le Pèse-nerfs. Illuminations. Leurs destins aussi : sexe et chasteté, anonymat et gloire, opprobre et reconnaissance, voyage et enfermement, exil et accoutumance.
Un seul semblait demeurer éternellement jeune et beau, qui vieillissait seulement dans un film de vampires, maquillé par Dick Smith. Dorian Gray, mon contemporain :

Still don’t know what I was waiting for
And my time was running wild
A million dead-end streets and
Every time I thought I’d got it made
It seemed the taste was not so sweet
So I turned myself to face me
But I’ve never caught a glimpse
Of how the others must see the faker
I’m much too fast to take that test
Ch-ch-ch-ch-changes
(turn and face the strain)
Ch-ch-changes
Don’t want to be a richer man
Ch-ch-ch-ch-changes
(turn and face the strain)
Ch-ch-changes

Just gonna have to be a different man
Time may change me
But I can’t trace time
I watch the ripples change their size
But never leave the stream
Of warm impermanence
So the days float through my eyes
But still the days seem the same
And these children that you spit on
As they try to change their worlds
Are immune to your consultations
They’re quite aware of what they’re going through
Ch-ch-ch-ch-changes
(turn and face the strain)
Ch-ch-changes
Don’t tell them to grow up and out of it
Ch-ch-ch-ch-changes
(turn and face the strain)
Ch-ch-changes

Where’s your shame
You’ve left us up to our necks in it
Time may change me
But you can’t trace time
Strange fascination, fascinating me
Ah changes are taking the pace I’m going through
Ch-ch-ch-ch-changes
(turn and face the strain)
Ch-ch-changes
Oh, look out you rock ’n rollers
Ch-ch-ch-ch-changes
(turn and face the strain)
Ch-ch-changes

Pretty soon now you’re gonna get a little older
Time may change me
But I can’t trace time
I said that time may change me
But I can’t trace time

Commentaires

note magnifique Damien...

Ecrit par : jean-sébastien | 23/12/2005

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