01/05/2006
Que dire ?
Une fois encore, rebâtir le château de sable… Et pour dire quoi, s’interroge le blogueur ? Est-il si occupé ? Pas plus que d’habitude, pas plus que les autres, ceux qui ont la politesse de la régularité, les métronomes, les serial-posteurs, ceux qui ont toujours quelque chose à transmettre.
Parler de son travail ? Bof, ça ennuie tout le monde, les soucis des autres.
L’actualité politique ? Pas très envie de tirer sur les ambulances.
Sa dernière expo ? Notre histoire, la scène artistique française émergeante, « une exposition tournée vers le futur : une exposition qui constitue aujourd'hui la mémoire de demain » dixit le site du Palais de Tokyo ; pourtant une semaine après, lui ne se souvient pas d’une seule œuvre marquante.
Sa dernière séance de cinéma ? OSS 117 : Le Caire nid d'espions, mais tout a déjà été dit, mieux qu’il ne saurait le faire, sur ce plaisant film, et, dépourvu de télévision, il serait bien le dernier à se rendre compte que Jean Dujardin est un immense acteur - mais avec ce nom à la Bourvil, comment pouvait-il deviner ?
Certes, il peut toujours refourguer un ancien texte, comme la fois précédente, il en a plein ses tiroirs, oui mais il a besoin d’un sentiment de nécessité, comprenez-vous.
Il se relit, il trouve ça pas terrible. C’est le piège d’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue. Un vieux symbole ésotérique, l’éternel retour et tout ça, mais lui, plus prosaïquement, il y voit surtout une image figurée de la masturbation. Un bon résumé de la plupart des blogs après tout.
Tiens, s’il mettait plutôt un lien, un truc vaguement marrant de préférence ? Il suffit d’ajouter un petit effet d’annonce. Attention, mesdames mesdemoiselles et messieurs, connaissez-vous les dangers des jeux vidéo ? La bête immonde tapie sous l'escalier, disait Christian Combaz. Vous allez assister aux dégâts causés par l’un de ces pernicieux divertissements sur le cerveau d’un innocent garnement européen. Ames sensibles s'abstenir. Et hop, le tour est joué. Trop facile. Mais y a-t-il vraiment là matière à rire ?
Non, finalement, il préfère encore meubler avec une bonne citation. Le mobilier est emprunté, mais au moins il est de bonne tenue. Pour ça, Oscar Wilde est une mine : « Pour connaître la vérité, il faut imaginer des myriades de contre-vérités. Car, qu’est-ce que la vérité ? En matière de religion, c’est simplement l’opinion qui a survécu. En matière de science, c’est l’opinion la plus récente. En matière d’art, c’est le dernier état d’âme qu’on a ressenti. »
Encore mieux : enchaîner plusieurs citations d’auteurs variés qui se répondent sur le même thème, et laisser le lecteur conclure.
Michel Foucault (de mémoire) : « Je crois que la véritable alternative à la mort n'est pas la vie, mais la vérité. »
Winston Churchill : «Le temps que la vérité enfile ses bottes, un mensonge fait cent fois le tour de la Terre. »
Jacques Prévert : « Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie. »
21:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




Commentaires
That's life!
Ecrit par : Kate | 03/05/2006
Le sable ? La mer ? Le serpent qui ne se mord pas la queue nage ou rampe, par tous terrains. Vous êtes de ceux là, assurément.
Ecrit par : Lambert Saint-Paul | 04/05/2006
tu souffres du syndrôme de la première année d'existence. C'est plutôt sain je trouve, de se remettre en question non ?
Ecrit par : .Moland.Fengkov. | 05/05/2006
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