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07/06/2007

Ian Curtis under control (Impressions cannoises, 2)

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Biopic du leader de Joy Division mort à 23 ans, Control, qui a fait l'ouverture de la quinzaine, est un film sur la perte. Perte du sens et de la maîtrise de l'être, lent décrochage d'un corps en dérive. Si Last Days dépassait le biopic en réinventant Kurt Cobain par des morceaux inédits et des situations fictives, Corbijn qui a photographié Joy Division, reste plus littéral envers son héros et n'évite pas le cliché dans certaines scènes attendues, la déambulation dans les rues de Manchester d'adolescents au visage d'ange, la révélation au concert des Sex Pistols, le trac avant le premier passage télé, la fatigue d'un jeune groupe de rock en tournée, ni la tentation hagiographique statufiant Sam Riley en poète romantique foudroyé. Mais il a su au moins garder intacte l'opacité de Ian Curtis. Convaincant dans les scènes live très incarnées où éclate le talent d'auteur-compositeur de Curtis, Corbijn sculpte en creux son sujet en ouvrant le récit à l'entourage du chanteur. Les scènes les plus fortes rejaillissent souvent des personnages secondaires, le demandeur d'emploi à la Bourse du Travail où Curtis travaillait comme employé, la vieille dame dont il pille l'armoire pharmaceutique, la crise d'épilepsie communicative, le manager tchatcheur, le producteur qui signe avec son sang. Dans un noir et blanc lesterien, et surfant parfois sur le même registre sarcastique, Control a le charme nostalgique d'un Quatre Garçons dans le vent de la génération punk.


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Ian Curtis

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