17/10/2008
Un certain 11 septembre (fin)
J'ai hésité à revenir encore sur ce sujet, qui n'a plus l'air d'intéresser grand monde. Comme si l'actualité - campagne électorale américaine et crise financière - avait rendu caduc ce qui s'est passé il y a sept ans. Et finalement, j'ai eu envie d'y retourner, ne serait-ce que pour résister à cette pression du présent perpétuel. Plus que jamais, je crois, il faut regarder les perspectives, surtout ne pas croire à la fin de l'histoire, ce leurre pseudo-hegelien, prétexte à l'amnésie généralisée. Bref, vous reprendrez ici une cuillerée d'histoire récente.
Plus spectaculaire encore que la chute du mur de Berlin en 1989, le 11 septembre fut d'emblée et unanimement perçu comme un moment phare, un signe des temps. Mais aujourd'hui, nonobstant la précision des images ressassées, un halo de flou l'entache encore. Question de responsabilité d'abord : qui sont les vrais auteurs de l'attentat ? S'il s'en est réjoui publiquement, Oussama Ben Laden, faut-il le rappeler, ne l'a jamais revendiqué.
Une hypothèse intéressante est celle que développe Nima Zamar à la fin de son livre Je devais aussi tuer. Se présentant comme ex-agent du Mossad ayant infiltré les milieux terroristes palestiniens, et donc experte à ce titre, Nima Zamar a vu dans les méthodes utilisées le 11 septembre, et surtout dans l'excellence de leur réalisation, une signature russe. Selon elle, la destruction du World Trade Center marquait le retour sur la scène internationale des services secrets du FSB (successeur du KGB), un avertissement secret adressé aux Américains : les Russes ne comptent pas pour des prunes. Totalement invérifiable, évidemment...
Après, bien sûr, on peut chercher sur Internet. A propos du 11 septembre, on trouve vraiment tout et n'importe quoi, et dans des quantités vertigineuses. On n'entrera pas dans le détail des théories conspirationnistes, qui reviennent généralement, de façon plus ou moins explicite, à raviver l'épouvantail éculé du complot juif international.
Pour autant, que Bush et son équipe aient pu avoir vent de ce qui se tramait n'a rien d'absurde. Après tout, il paraît établi aujourd'hui que Roosevelt avait été prévenu de l'attaque de Pearl Harbour : il aurait laissé faire pour forcer l'opinion de son pays à accepter l'entrée en guerre des Etats-Unis. Concernant le 11 septembre, bien des zones d'ombre demeurent. Ainsi, ce qui s'est exactement passé au Pentagone ce jour-là n'a jamais été nettement éclairci. Et les tripatouillages de la Commission Kean - dont la soi-disant indépendance, si l'on examine le pedigree de ses membres, est une aimable plaisanterie - n'auront guère rétabli la transparence, c'est le moins qu'on puisse dire.
Pourtant, on peut retourner les arguments dans tous les sens, l'effondrement du World Trade Center peut difficilement passer pour une manoeuvre du gouvernement américain : ce serait une telle erreur stratégique, un tel aveu de faiblesse... assez peu compatible avec le fameux adage du Qui prodest. Ce qui est patent en revanche, c'est l'instrumentalisation de l'événement par l'administration Bush : Patriot act, attaque de l'Afganistan, deuxième guerre d'Irak, false flag operation...
En tout cas, qu'on le veuille ou non, Thierry Meyssan et des films comme Loose Change ont modifié la perception publique du 11 septembre. Je n'ai pas lu L'effroyable imposture, et n'ai aucune compétence pour apprécier les détails techniques de telles thèses. Mais l'acharnement médiatique contre Meyssan me paraît révélateur : indéniablement, ce type a soulevé un lièvre, et dérange beaucoup de monde. Cela mérite que l'on prenne au moins connaissance de ce qu'il dit aujourd'hui :
"Je pense que nous devons tous nous repositionner en fonction de la question principale, celle de la souveraineté des peuples face à l’impérialisme.(...) Transposer en France sans explications les images de guerre du Proche-Orient, c’est introduire la guerre chez nous. On peut craindre que des Français découvrant soudain une réalité d’une extrême violence réagissent eux-mêmes d’une manière violente contre ceux qui en sont responsables et qui l’ont cachée."
(entretien complet ici)
Voilà où nous en sommes. Il faut essayer de comprendre le 11 septembre, sans rester focalisé sur le coup qui s'est joué ce jour-là, mais au contraire observer le déroulement de la partie qui se poursuit sur l'échiquier géopolitique.
03:10 Publié dans Politique & polémique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
A quand la réhabilitation de Jean-Marie Bigard ?
Ecrit par : JMB33 | 17/10/2008
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